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L’élision et les liaisons


L’élision et les liaisons

Dans la langue française, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, il existe un certain nombre de règles concernant la prononciation, de même que l’écriture de certains groupes de mots. Parmi ces règles, il est important de connaître celle de l’élision, qui évite des formes fautives à l’écrit, et surtout des erreurs de liaison à l’oral.

Une définition de l’élision et quelques exemples

L’élision est le fait de rendre muette, d’effacer, la voyelle finale d’un mot devant la voyelle commençant le mot qui suit. Cette définition peut sembler obscure, mais elle recouvre une réalité pratique bien simple : en effet, à l’instar de monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, tout le monde pratique l’élision dans le langage courant.

En effet, il semble tout à fait normal et naturel de dire — ou d’écrire — « l’animal » au lieu de « le animal » : il s’agit ici d’un cas évident d’élision du « e » final de l’article. En clair, lorsqu’un mot commence par une voyelle ou par un « h » muet, il est de pratique courante de supprimer le « e » ou le « a » final de l’article pour le remplacer par une apostrophe : « l’avion » au lieu de « le avion », « l’habitante » à la place de « la habitante ».

L'élision et les liaisonsLe « i » partage avec le « e » le privilège d’être élidé : en effet, avec le mot « si », précédant une voyelle, le « i » est remplacé par l’apostrophe. On doit donc dire et écrire : « s’il pleut demain je partirai » et pas, comme on l’entend parfois : « si il pleut… »

En revanche, le « u » ne s’élide jamais, même si dans le langage populaire on a tendance à le faire, pour gagner en rapidité : on ne doit jamais, en langage soutenu, employer une forme telle que « t’entends », mais au contraire séparer toutes les syllabes, et dire : « tu entends ».

La règle de l’élision n’est pas une fantaisie gratuite de la langue française : bien au contraire, elle permet de rendre l’expression plus fluide et plus harmonieuse en évitant le hiatus, qui est la succession désagréable à l’oreille (et difficile à prononcer) de deux voyelles. Ainsi, c’est pour éliminer ce hiatus que l’on écrit « vas-y », au lieu de « va y » qui serait la forme grammaticale correcte. Dans ce cas, on dit que le « s » inséré est une consonne euphonique.

Les liaisons parfois dangereuses

Une liaison effectuée alors qu’elle n’existe pas est nommée « liaison mal-t’à-propos » ou bien « pataquès ». Il semblerait que ce mot de pataquès viendrait justement d’une liaison fautive commise par deux femmes qui avaient trouvé un éventail :
– Cet éventail n’est pas-t-à moi, aurait dit l’une d’elles.
– Alors, je ne sais pas-t-à qu’est-ce, aurait rétorqué l’autre.
L’expression aurait tellement amusé les auditeurs que le mot serait passé dans le langage.

Souvent, en langage relâché, on peut entendre ce genre de maladresse : « ils étaient z-ensemble », ou encore « ce n’est pas-t-à moi », « moi z’aussi ». Parfois, certains auteurs s’amusent de ces maladresses populaires, et souvent on cite, pour rire, cette phrase fautive : « c’est la fin des z’haricots ».

Le cas du « h »aspiré ou non

La lettre « h » est un cas à part. Lorsqu’elle est la lettre initiale d’un mot, elle ne se prononce pas comme une consonne, mais elle détermine si le locuteur doit faire la liaison ou non. Les mots commençant par un « h » aspiré n’acceptent pas la liaison : « haricots », « haleter » doivent être prononcés sans faire la liaison.

D’autres, comme « homme », « huîtres » acceptent la liaison. Ainsi, au grand désespoir des étrangers qui apprennent notre langue, suivant l’usage et l’habitude, certains mots en « h » se lient ou non, avec quelques exceptions. « Huit » en fait partie : lorsqu’il est utilisé seul, il ne tolère pas de liaisons : on doit dire, par exemple, « le patineur décrit des huit sur la glace » et pas « des zuit ». Cependant, lorsque « huit » suit un autre chiffre, on doit faire la liaison : on prononce « dizuit » pour 18, et « vintuit »pour 28.

Autre cas particulier : « presque »

Dans les textes, on trouve parfois cette faute qui consiste à élider le « e » final de « presque » lorsqu’il précède un mot dont l’initiale est une voyelle : « il est presqu’un homme » est une faute, même si dans le langage parlé l’élision se fait de manière quasi automatique. On doit donc écrie « presque un », dans tous les cas… Sauf dans l’exception ! En effet, le mot composé « presqu’île » s’écrit avec élision. Encore une petite curiosité de notre langue !

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