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Le roman historique, un genre à part entière


les romans qui racontent l'histoire

Les plus grands écrivains se sont risqués à aborder le genre du roman historique. De Balzac à Tolstoï, en passant par Alexandre Dumas et Eugène Sue, les auteurs classiques ont puisé dans les multiples convulsions de l’histoire de l’humanité pour mettre en scène des personnages qui ont fait et défait les nations.

Les Rois de France, Napoléon, mais aussi les humbles paysans et les bâtisseurs anonymes des cathédrales et des palais impériaux sont devenus, sous la plume des écrivains, les protagonistes d’un genre à part entière. Ce genre a le mérite d’emporter l’adhésion du public populaire, tout en faisant vivre la littérature sous son aspect le plus noble.

Des précurseurs de talent

Même si de tout temps, le passé et en particulier l’Antiquité grecque et latine ont inspiré les auteurs, c’est au XIXe siècle que le roman historique a connu ses plus grands succès. En Angleterre, ce sont Walter Scott et Robert Louis Stevenson qui ont profité de la vogue romantique pour mettre à l’honneur le Moyen Âge. « Ivanhoé », la « Flèche noire », « Quentin Durward » sont connus encore aujourd’hui dans le grand public, au moins grâce aux adaptations télévisuelles ou cinématographiques qui en sont issues.

Le roman historique a le mérite d’emporter l’adhésion du public populaire, fait vivre la littérature sous son aspect le plus nobleEn France, deux géants de la littérature ont aussi sacrifié au genre historique : Victor Hugo avec un Moyen Âge souvent sorti tout droit de son imagination dans « Notre Dame de Paris » et Gustave Flaubert avec un non moins fantasmatique « Salammbô ». Ces deux stylistes, chacun avec son talent différent, ont donné ses lettres de noblesse à un genre qui continue à alimenter l’imaginaire collectif.

L’Antiquité a toujours été une source d’inspiration presque inépuisable : c’est une période bien connue grâce à de nombreux chroniqueurs, mais qui laisse paradoxalement le plus de latitude aux auteurs pour broder autour de personnages issus de leur imagination. Le Polonais prix Nobel de la littérature, bien oublié aujourd’hui, Henry Sienkiewiecz, l’avait bien compris. Lui qui connut le triomphe au début du siècle dernier avec « Quo Vadis », un roman antique relatant les débuts du christianisme et les persécutions de Néron. Dans la même veine, l’Américain Lewis Wallace donna « Ben Hur » et l’Anglais Bullwer-Lytton « Les Derniers Jours de Pompéi », qui inspirèrent le genre de cinéma dit « Péplum ».

De nos jours, le roman historique connaît encore de grands succès. La longue série de Robert Merle « Fortune de France » comporte treize volumes, qui couvrent une très longue période allant de la Renaissance à l’âge classique, et cette « saga » a toujours remporté l’adhésion du public. C’est sans doute grâce au charisme de ses personnages imaginaires que Robert Merle a su rendre présents, dans l’esprit des lecteurs, des épisodes souvent méconnus de la grande Histoire.

L’antiquité égyptienne mobilise également les rayons des librairies et des bibliothèques, avec les nombreux volumes de Christian Jacq qui narrent de façon très romancée les destinées exceptionnelles des pharaons, mais aussi du peuple anonyme d’une civilisation encore mystérieuse.

Le roman historique, un genre libre comportant des schémas bien précis

Le genre historique laisse une entière liberté à ses auteurs en ce qui concerne le choix des époques évoquées. Certains se sont spécialisés dans une période précise, tandis que d’autres traversent les siècles au gré de leur inspiration. Des romanciers ont aussi tenté de mélanger différents genres, avec un certain succès.

Ainsi, on peut parler de « romans policiers historiques », mêlant un contexte documenté et fouillé dans une période historique précise avec des enquêtes policières rigoureuses menées par un héros souvent très charismatique. Un des précurseurs de ce genre croisé fut Umberto Eco, dont le « Nom de la Rose » mérita sans doute le titre de premier « roman policier médiéval ». Depuis, d’autres séries d’énigmes policières historiques ont suivi : les enquêtes de Nicolas Le Floch ou celles du moine Cadfael, en sont des exemples marquants.

Toutefois, le roman historique est aussi un genre exigeant : il s’adresse à un public féru d’histoire, souvent cultivé, et il ne tolère pas la moindre légèreté en ce qui concerne la documentation et la vraisemblance. Souvent, le lecteur de romans historiques se double d’un critique redoutable, capable de traquer l’anachronisme le plus infime. Cela implique que l’auteur qui compte produire un récit relevant de ce genre doit être un fin connaisseur de l’époque évoquée.

Avant d’écrire, le romancier doit donc beaucoup lire afin de s’imprégner de la période qu’il veut ressusciter. Il doit étudier les personnages célèbres de son époque de prédilection, mais aussi s’imprégner des mœurs et des coutumes de la vie quotidienne. Les moindres détails de ses descriptions doivent être vrais, naturels, y compris dans leurs aspects les plus triviaux et ordinaires.

Cette exigence nécessite un véritable travail d’historien, voire d’enquêteur : quels étaient les plats servis sur les tables des paysans du Moyen Âge ? Quelles races de chiens existaient à la Renaissance ? Comment les légionnaires romains combattaient-ils ? Toutes ces questions, un auteur de romans historiques doit se les poser afin de ne pas prêter le flanc à la critique.

C’est sans doute la raison pour laquelle les écrivains qui remportent le plus de succès dans ce genre sont ceux qui sont les plus rigoureux, en ce qui concerne la documentation et la recherche historique.

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