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Eh, hop, Boum ! interjections et onomatopées


onomatopées et interjection

Parmi les petits mots qui aident l’auteur d’articles ou de textes littéraires à faire partager sa pensée, il ne faut pas négliger cette partie souvent méconnue et méprisée du vocabulaire : les onomatopées et les interjections. Mais d’abord, quelques définitions utiles.

L’interjection

Une interjection est un petit mot qui a pour but d’exprimer une émotion, parfois violente, la surprise, la peur, la colère, peuvent être représentées dans un texte littéraire par un de ces termes : « Oh », « Ha », « zou », « bof » sont des interjections. Très souvent, ces petits mots ne comportent qu’une seule syllabe, c’est une des raisons pour lesquelles les linguistes considèrent qu’ils sont très primitifs et qu’ils ont participé à la constitution du langage articulé tel que nous le connaissons aujourd’hui. En quelque sorte, les interjections (ainsi que les onomatopées) seraient des sortes de « fossiles vivants » du langage, inchangés depuis la préhistoire de la communication verbale.

Étymologiquement, le terme « interjection » signifie : « qui est jeté entre ». Et en effet, ces mots interviennent souvent entre deux éléments de phrase afin d’en souligner l’intensité. Dans le langage parlé, nous les utilisons fréquemment de manière inconsciente, automatique : ils sont à la fois un moyen de se ménager une respiration entre deux propositions et aussi une manière de marquer l’importance du discours qui va suivre.

Il suffit d’écouter attentivement une conversation pendant quelques minutes pour s’apercevoir que pratiquement tous les locuteurs emploient sans s’en rendre compte ces petits mots de liaison : les « ho ! « , « ha ! » et autres « allez ! » émaillent n’importe quel dialogue, et suivant leur accentuation ils révèlent l’état d’esprit de celui qui les utilise.

Dans un texte littéraire, les interjections sont souvent présentes dans les dialogues : là aussi, elles sont utiles pour marquer l’intensité des sentiments ou des idées exprimées par le personnage mis en scène. Elles sont également utiles pour donner des indications sur la nature du personnage : une interjection vulgaire (« zut », « bon dieu », « chiche », « mince » !) personnifiera un personnage populaire ou peu éduqué, tandis qu’une interjection plus recherchée ou rare (« Fi ! », « diantre », « oyez ! ») évoqueront dans l’esprit du lecteur un personnage plus raffiné, voire snob.

On remarquera qu’à l’écrit, les interjections sont la plupart du temps suivies du point d’exclamation, qui souligne d’autant plus l’intensité des idées exprimées. Même si chaque langue possède ses interjections favorites selon son histoire et sa prononciation, il arrive souvent que le français emprunte certaines de ces locutions à d’autres langages : ainsi, « Bye ! « « ciao » « olé ! » sont des importations de mots d’origine étrangère.

interjections et onomatopéesLes onomatopées, des mots qui font du bruit

Les onomatopées sont proches des interjections, car elles rejoignent certaines de leurs fonctions : elles sont souvent là pour souligner l’intensité d’un ressenti, pour marquer la violence d’une situation. Elles sont aussi fortement descriptives, et permettent d’évoquer en peu de mots un son que tout le monde connaît. Cependant, elles en diffèrent par le fait qu’elles sont des termes créés à l’imitation de bruits réels (d’ailleurs, leur étymologie grecque signifie littéralement : « création de mots »).

Certains linguistes pensent que l’onomatopée est – plus encore que l’interjection – une des premières manifestations du langage articulé chez l’être humain. La communication par le langage aurait, selon eux, commencé par l’imitation de sons entendus dans la nature, avant d’évoluer vers des formes plus abstraites.

Dans les textes littéraires, l’emploi de l’onomatopée est peu fréquent, mais on en use (et parfois en abuse) dans une forme d’expression de plus en plus populaire : la bande dessinée. Cet art non négligeable renforce ses dialogues – et parfois même les remplace – par des mots inventés qui décrivent les sons : une branche qui se rompt fait « crack », un coup de feu fait « pan », et le lecteur est ainsi immédiatement renseigné sur l’ambiance sonore qui règne dans la case de BD.

Dans ce domaine, certains auteurs tels Franquin ou Arleston font preuve d’énormément de créativité, qui leur permet d’économiser les mots dans de longues bulles descriptives ainsi que le faisaient des auteurs de bandes dessinées moins « modernes ».

À l’instar des interjections, les onomatopées diffèrent selon les langues utilisées : ainsi, le ronronnement d’un chat sera transcrit par « ron-ron » en français, alors qu’un Anglais le transcrira par un « purr » très allongé. Le « cocorico » du coq français donne « kikeriki » en allemand, et « cock a doodle do » en anglais…

En conclusion, les interjections et les onomatopées, si elles sont peu recommandées dans la littérature, sont très utiles pour faire passer des idées et des concepts dans le langage parlé ou dans la transcription d’une langue relâchée et familière. Utilisés à bon escient et avec parcimonie, ces petits mots souvent très amusants et permettent de pimenter un texte et de lui apporter une note de fantaisie bienvenue.

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