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Le genre fantastique et ses déclinaisons


découvrir la littérature fantastique

Le genre fantastique, œuvres respectables ou « mauvais genre » ? Parmi tous les genres littéraires, le fantastique est un de ceux qui soulèvent le plus de débats. S’agit-il d’un engouement passager, destiné à un public peu cultivé,  marginal ou bien ce terme concerne-t-il des ouvrages dignes de respect, tant du point de vue stylistique que ceux déjà abordés ?

En bref, dans le genre fantastique, et par extension, les auteurs qui en écrivent, sont-ils dans le cadre de la littérature ou bien ne sont-ils capables que d’entrer dans la catégorie infamante des « mauvais genres » ? Ce sera aux lecteurs de cet article d’en juger, en allant peut-être découvrir certaines œuvres appartenant à ce genre.

Un peu d’histoire

Il semble que le fantastique soit né en Allemagne au début du XIXe siècle, autour des « Contes d’Hoffmann ». On peut également trouver la source du genre fantastique dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe, avec les « romans frénétiques », qui pour la première fois mettent en scène les ingrédients populaires des romans fantastiques : fantômes, sorcières, châteaux hantés et autres monstres surnaturels.

Plus tard, le genre fantastique essaimera partout dans le monde, en particulier aux États-Unis avec Edgar Allan Poe et Howard Philipps Lovecraft, mais aussi en France où il sera représenté par Charles Nodier, Guy de Maupassant et Prosper Mérimée, entre autres. On pourrait s’étonner du caractère relativement récent de l’apparition du fantastique et arguer que, de tout temps, il a existé des récits mettant en scènes des êtres surnaturels et des fantômes, depuis les monstres de la mythologie grecque jusqu’aux goules des « Contes des Mille et Une Nuits », sans compter les êtres issus des différents folklores mondiaux.

En fait, il ne s’agit pas de la même chose : ce qui différencie les anciens récits populaires, fables et contes de la littérature fantastique, c’est que, s’ils mettent en scène les mêmes protagonistes, les intentions ne sont pas semblables. Dans le genre fantastique, les événements irrationnels sont le sujet, alors qu’ils ne sont que des prétextes, des accessoires pour le conte, dans un but initiatique ou moralisant.

Une tentative de définition

De nombreux critiques définissent le fantastique comme l’intrusion plus ou moins brutale d’éléments de nature surnaturelle dans la vie quotidienne. Le contexte du récit s’en trouve ainsi bouleversé, et le lecteur aussi déstabilisé que les héros du texte. De plus, ces événements surnaturels, hors-normes, sont considérés comme particulièrement choquants par les protagonistes du récit, contrairement à ce qui se produit dans les histoires appartenant au domaine du merveilleux, du conte moral ou de la « fantasy », où la magie, les créatures mythiques sont considérées comme tout à fait normales et ne causent pas de « scandale philosophique » dans le cours du roman.

Le fantastique est par conséquent une littérature de la transgression, et là où l’on peut dire que les livres d’« heroic-fantasy » ou de « bit-lit » sont de la « littérature d’évasion », au contraire, le fantastique est une « littérature d’invasion ». Invasion de l’irrationnel dans la vie quotidienne et monochrome, induisant la peur, l’angoisse ou la terreur dans la vie du narrateur, et dans l’espace mental du lecteur.

Les personnages des récits fantastiques, romans ou nouvelles, sont confrontés à des faits invraisemblables et impossibles dans leur réalité quotidienne. Leurs réactions sont d’abord l’incrédulité et la stupéfaction, puis le rejet et parfois l’horreur. Ils luttent contre ces transgressions de la réalité qui menacent souvent leur intégrité physique, mais aussi – et surtout peut-être – la conception bien assise qu’ils avaient de la réalité. C’est la marque du fantastique. À l’inverse, dans le conte ou dans la « fantasy » anglo-saxonne, les protagonistes acceptent la venue du surnaturel dans leur quotidien sans se poser de questions, qu’il s’agisse d’une bonne fée transformant une citrouille en carrosse ou d’un vampire bienveillant qui brille au soleil…

Le genre fantastique décliné sous de nombreuses formes

le genre fantastique avec ses nombreuses déclinaisonsLe fantastique aussi bien en littérature que dans d’autres médias (cinéma, jeux vidéos) connaît actuellement un grand succès auprès du public. Comme rançon de cette réussite, on peut s’apercevoir que certains auteurs, pour renouveler l’offre, proposent des productions qui s’éloignent parfois beaucoup des définitions admises.

Le fantastique a donné naissance à des sous-genres ou bien on lui apparente des œuvres sans beaucoup de rapports réels. Ainsi, on a vu des collections apparaître portant des titres tels qu’« Épouvante »,   « Angoisse » ou « Terreur ». En général, ces publications affichaient pour but de provoquer ces sentiments chez leurs lecteurs.

Beaucoup des ouvrages publiés dans ces séries comportaient des romans fantastiques au sens propre du terme, mais d’autres excluaient l’émergence d’éléments surnaturels dans la réalité quotidienne, au profit d’éléments appartenant davantage au genre « policier noir », ou au « thriller ». C’est le cas par exemple du « Silence des agneaux », où aucun fait hors nature n’apparaît, ce qui l’exclut du domaine fantastique.

Enfin, la critique a tendance à associer le fantastique à la « fantasy » anglo-saxonne, alors qu’il s’agit de domaines proches, certes, mais bien distincts. Le genre « heroic-fantasy » et son maître absolu, JRR Tolkien, feront bientôt l’objet d’un article entièrement dédié.

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