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Quelques expressions et mots rares, curieux ou charmants


les jolis mots

Notre langue foisonne d’expressions et de mots curieux ou charmants, que l’on emploie sans vraiment se poser la question de leur provenance ou de leur exactitude. Je vais, dans une série d’articles, vous en faire découvrir quelques-uns, en espérant qu’ils vous amuseront tout en contribuant à enrichir votre vocabulaire.

 Trois expressions déformées

  • On entend souvent l’expression « noir comme un geai ».
    Or chacun sait que le geai est un bel oiseau brun, aux ailes bleu métallique. Comment se fait-il alors qu’il soit devenu synonyme de noirceur ?
    En fait, il s’agit d’une erreur populaire : l’expression correcte est « noir comme le jais », le « jais » désignant une pierre semi-précieuse d’un noir profond. L’homophonie entre les deux termes a fait que le langage courant entretient la confusion.
  • Il en est de même pour la « pantoufle de verre » de cendrillon. Il semblerait que, dans ce cas aussi, c’est l’homophonie entre « verre » et « vair » (fourrure d’écureuil) qui attribue, faussement, à la jeune fille du conte de Perrault, des chaussures trop fragiles pour être portées.trois expressions déformées, quelques mots rares, curieux et charmants
  • Il est certain, en revanche, que l’expression usuelle « tomber dans les pommes » provient aussi de la déformation d’un mot plus ancien. En effet, au XVIIe siècle, lorsque l’on s’évanouissait, on « tombait en pâmoison », on « se pâmait », ou bien l’on « tombait dans les pâmes ». Ces mots sont lentement tombés en désuétude. L’expression est restée mais légèrement déformée, à cause d’erreurs de transcription et de prononciation, si bien qu’il n’est nullement nécessaire de se trouver près d’un pommier pour faire un malaise !

Les mots vivent…

… Et, par conséquent, ils vieillissent et meurent parfois. Ou, du moins, ils sont oubliés et disparaissent des dictionnaires courants et des conversations usuelles. Pourtant, leur emploi est toujours possible et a souvent le mérite d’éveiller la curiosité du lecteur. Sans en abuser, il peut être amusant et gratifiant, parfois, de semer au détour de vos textes quelques-uns de ces mots désormais inusités.

En voici quelques expressions, qui enrichiront votre vocabulaire, et vous permettront d’éviter les répétitions disgracieuses.

  • « Nasarde » désigne un coup donné sur le nez. Il peut être utilisé comme synonyme de « gifle », « tape », « taloche » ;
  • « Adamantin » désigne un objet qui a l’aspect et la dureté du diamant ;
  • « chryséléphantin » est un joli terme oublié, qui désigne une sculpture ou une œuvre d’art employant à la fois l’or et l’ivoire ;
  • « Faconde » désigne une éloquence exagérée, un peu extravagante ;
  • « Malotru » s’applique à une personne impolie, mal élevée ;
  • « Baragouin » désigne un langage incompréhensible. Il semblerait que ce vocable provienne du breton, où « bara » et « gwin » désignent respectivement « le pain » et « le vin » réclamés par les Bretons arrivant dans la capitale.

Tous ces mots sont devenus rares, mais ils restent parfaitement corrects et leur usage est recommandé pour éviter les répétitions, les redites et les termes anglo-saxons.

Les faux amis et barbarismes

Parfois, certains mots sont très proches dans leur graphie et dans leur prononciation, mais ils signifient des choses différentes.

Ainsi, depuis quelques années, il n’est pas rare d’entendre dans la bouche de certains journalistes le terme « barbarisme » pour désigner une action cruelle. En réalité, un barbarisme est une faute de conjugaison ou d’accord et n’a aucun rapport avec la méchanceté.

La « barbarie », en revanche, désigne bien une action, un comportement, empreinte de cruauté ou de férocité. Mais ce mot, à l’origine, désignait chez les Grecs anciens tous les peuples qui ne parlaient pas leur langage. Il apparaît donc que lorsque l’on doute, ne serait-ce que légèrement de la signification d’un mot, il faut systématiquement consulter le dictionnaire.

Quelques exemples de barbarismes courants :
« Aréoport » pour « aéroport » (mais on doit bien dire « aréopage »), « omnibuler » pour « obnubiler » et bien sûr, « infractus » au lieu de « infarctus », etc.

Les aller et retour entre les langues

Les apports d’autres langues ont été nombreux au cours de l’histoire. À la faveur des alliances ou des conflits, des invasions ou des explorations, la langue française s’est enrichie de mots curieux, exotiques. À l’inverse, elle a été adoptée, puis souvent déformée dans d’autres pays et certains mots ont voyagé plusieurs fois d’une nation à l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’anglais.

Ainsi, certains mots que l’on croit souvent britanniques viennent en réalité du français.

  • « Sport » provient du vieux français « desport », qui désignait l’activité physique, et que l’on trouve encore souvent chez Rabelais ;
  • « Tennis » vient de « tenez ! », que l’on criait au moment de lancer la balle dans le jeu de paume ;
  • « Manager, management » viennent de « ménage » ;
  • « Budget » découle de « bolge », qui était un petit sac de cuir, une bourse, où l’on mettait de l’argent.

D’autres langues ont contribué à enrichir le vocabulaire français : le pyjama provient de l’Inde, le hamac, la tomate, le chocolat et le topinambour d’Amérique Centrale. Une grande partie du vocabulaire maritime nous vient du néerlandais. L’alchimie vient de l’arabe, de même que le bazar, le matelas, le talisman et le toubib.

Tout au long de cette série d’articles, j’aborderai donc toutes ces curiosités de notre langage, dans le but d’enrichir votre vocabulaire et d’apporter un éclairage distrayant sur les origines et l’évolution de la langue.

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3 commentaires

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  • Bonjour, je viens d’explorer votre blog et je voulais vous souhaiter bonne continuation.
    Les mots ont un réel pouvoir pour exprimer les idées les sentiments quand ils sont bien utilisés.
    Je trouve ça dommage l’écriture en 140 caractères forçant à limiter l’expression de nos pensées.

    • Bonjour Guillaume,
      En effet, les mots ont un grand pouvoir pour exprimer les sentiments, les idées, etc.
      Voilà pourquoi il faut les « manier » avec prudence.
      Quant à la limite de 140 caractères, eh bien, à défaut de mieux, on fait avec.
      Merci d’être venu me lire…