Catégories Orthographe

Les animaux dans les expressions imagées de la langue française


les expressions imagées avec animaux

Nous poursuivons notre promenade dans le dictionnaire des expressions rares et charmantes de notre langue, avec d’autres exemples curieux de l’utilisation des animaux dans les expressions courantes ou plus inhabituelles.

Expressions rares inspirées de la mouche, du cheval, des oiseaux et autres

Nos ancêtres, essentiellement ruraux, vivaient au contact des animaux sauvages ou domestiques, et ils observaient leurs mœurs avec pertinence, si bien qu’ils en tiraient des comparaisons avec nos propres actions.

Un insecte envahissant

  • « Faire la mouche du coche » signifie faire des efforts désordonnés et inutiles, tout en dispensant des conseils qui ne servent à rien, pour ensuite s’attribuer tout le mérite de l’action des autres. Cette expression est inspirée d’une fable de Jean de la Fontaine, qui met en scène une mouche qui harcèle les chevaux attelés à un coche (c’est-à-dire une grosse diligence) en difficulté. Bien qu’inutile, la mouche finit par prétendre que c’est elle, par ses efforts, qui a tout fait pour que le lourd véhicule puisse reprendre sa route.
  • La mouche est également mise en scène dans l’expression « une fine mouche », utilisée pour désigner quelqu’un de subtil et perspicace. Il semblerait que depuis le Moyen-Âge, un espion aurait été désigné par le nom de cet insecte : une « mouche » était donc un informateur, souvent utilisé par la police, et l’on prête de la finesse d’esprit aux espions.
  • « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » est une expression proverbiale qui signifie qu’il est plus facile de convaincre quelqu’un par la douceur que par la brutalité. En effet, les mouches sont davantage attirées par les produits sucrés que par le malodorant vinaigre !

expressions rares avec des animaux : cheval, paon, coq et les oiseauxLa plus noble conquête de l’homme

  • Lorsque l’on écrit des textes destinés à être lus par un large public, il convient d’être « à cheval » sur l’orthographe, la syntaxe, la diversité du vocabulaire… Cette expression bien connue nous vient, comme de nombreuses autres, de l’époque où le cheval était un auxiliaire précieux de la vie des hommes.
  • « Un vieux cheval de retour » désignait autrefois un délinquant récidiviste, mais aujourd’hui il désigne également une personne qui persiste dans ses erreurs et qui persiste dans ses ambitions. À l’origine, cette expression venait du fait que les chevaux égarés revenaient toujours à leur écurie d’origine.
  • Lorsque l’on reçoit un cadeau, il est très mal considéré d’en contester la valeur, c’est une règle de savoir-vivre. C’est pourquoi on emploie encore le proverbe : « à cheval donné, on ne regarde pas les dents ». Il faut savoir que l’examen des dents d’un cheval permet d’en deviner l’âge.
  • Enfin, « monter sur ses grands chevaux » signifie entrer dans une grande colère, et remonte à l’époque de la chevalerie où les « grands chevaux » de guerre étaient les destriers féroces et impressionnants, élevés pour aller au combat.

Les oiseaux

  • Beaucoup d’oiseaux sont entrés dans le vocabulaire courant, dans un sens positif ou bien négatif. Ainsi, on sait bien « qu’une hirondelle ne fait pas le printemps » (pour signifier qu’un seul indice ne peut être érigé en règle générale).
  • Certains volatiles sont utilisés dans un sens péjoratif : la « poule » ou la « grue » désignent une femme entretenue ou une prostituée, « le butor » (sorte de héron) est un homme impoli, tandis qu’une « buse » ou une « bécasse » est un individu peu intelligent.
  • Ces mots utilisés comme des insultes sont à l’origine de l’expression « donner des noms d’oiseaux ». Heureusement, les oiseaux ont aussi donné lieu à des expressions plus positives, comme « prendre quelqu’un sous son aile », qui fait référence à l’instinct maternel et protecteur des « mères poules ».
  • À l’époque où l’autruche était un animal mal connu, presque mythique, on croyait que ce grand oiseau coureur enfouissait sa tête dans le sable pour ne pas voir le danger arriver. On a donc créé l’expression « faire l’autruche » ou « pratiquer la politique de l’autruche » pour désigner ceux qui refusent de voir les réalités désagréables et dangereuses en face.
  • Moins exotiques, les oiseaux de basse-cour ont également leurs expressions : « fier comme un coq », « orgueilleux comme un paon » ou « être le dindon de la farce » sont des locutions imagées connues de tous.
  • Finalement, c’est sans doute le pigeon qui est le moins bien loti des oiseaux, car son nom désigne depuis longtemps un être naïf, victime toute désignée des escrocs et des menteurs. Il est probable que cette réputation de naïveté provient du fait que cet oiseau doux et grégaire vit à proximité de l’homme, qui l’a longtemps utilisé comme messager, mais aussi qui en a fait un gibier de choix !

Le mois prochain, nous découvrirons d’autres expressions amusantes inspirées des animaux, mais aussi de la nature environnante.

Recevez mon infolettre 2 à 3 fois par mois

Signup now and receive an email once I publish new content.

I agree to have my personal information transfered to MailChimp ( more information )

Je n'aime pas le spam et vous non plus ! Votre adresse est bien gardée.

1 commentaire

Laisser un commentaire