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Honoré de Balzac, géant de la littérature et maître du vocabulaire


Honoré de Balzac, maître du vocabulaire

Tout le monde a un souvenir scolaire de Balzac, et chacun sait que cet écrivain est considéré comme un géant, un monument de la littérature. Mais il est aussi un exemple pour ceux qui se piquent d’écrire, et pour tous ceux qui souhaitent améliorer leur vocabulaire.

Un auteur prolifique

Pendant sa courte vie (il mourut à cinquante et un ans, en 1850), Honoré de Balzac publia 91 romans et nouvelles, qui abordent tous les genres : du fantastique (« La Peau de Chagrin ») au réalisme le plus cru (« Le Père Goriot »), de l’aventure historique (« Les Chouans ») au récit empreint de romantisme (« Le Lys dans la Vallée »).

Ce travailleur prodigieux avait l’ambition de décrire toutes les classes sociales, tous les types d’individus humains, et il s’attela à cette tâche colossale dans le cycle de romans bien connus sous le nom de « La Comédie Humaine ». Par cet ensemble de romans indépendants, mais où des personnages récurrents réapparaissent, Balzac ambitionnait de peindre le portrait intégral de toute la société de son temps, et de toutes les sortes d’individus y vivant.

Grâce à cette technique nouvelle consistant à faire vivre ses héros et personnages dans différents ouvrages, l’auteur de la « Comédie Humaine » donna à son cycle romanesque une cohérence et un aspect réaliste inégalés à ce jour. Cette invention stylistique préfigure en effet, ce qui se fait aujourd’hui en littérature populaire et au cinéma, avec la multiplication des personnages récurrents figurant au sommaire des « sagas ».

En plus de cette productivité effarante, Honoré de Balzac se livra à toutes sortes d’activités pour tenter de faire fortune, et ainsi de se débarrasser de ses nombreux créanciers. Il fut donc tour à tour journaliste, éditeur et imprimeur, tout en vivant des aventures sentimentales complexes. On peut dire que la vie de cet auteur gigantesque fut aussi un roman !

Le style balzacien

Honoré de Balzac fut longtemps considéré comme un auteur essentiellement réaliste, à cause de la minutie qu’il apportait à ses descriptions, aussi bien des lieux que des personnages. À la manière d’un peintre, il dressait des tableaux précis et réalistes des lieux où se situaient ses intrigues, s’attardant sur le moindre détail.

Il n’est pas difficile, avec un peu d’attention, de pouvoir tracer le schéma précis de l’antre du père Goriot, avec l’emplacement de chacun des objets, et un dessinateur un peu doué pourrait aisément reconstituer le visage de chacun des personnages de Balzac en suivant ses descriptions, à la façon d’un de nos modernes « portraits-robots ». Ce soin presque maniaque accordé aux détails est une des principales caractéristiques du « style Balzac ».

Cependant, ces descriptions minutieuses ne sont pas lassantes, même pour le lecteur moderne, car leur auteur disposait d’un vocabulaire très étendu, merveilleusement adapté à son projet de restitution naturaliste des lieux et des personnages. C’est ici qu’un rédacteur soucieux de ne pas lasser son public doit prendre exemple sur Balzac : pour ne pas alourdir son style et ennuyer le lecteur, Balzac prenait soin de ne pas employer de mots ternes et communs, et variait constamment le lexique utilisé.

La lecture de Balzac, en plus de révéler les tréfonds souvent peu reluisants de l’âme humaine, est une source d’enrichissement du vocabulaire, une mine d’où chacun peut extraire des mots précis et imagés, et des expressions d’une richesse sans pareille.
Tous les romans de Balzac semblent suivre un schéma directeur similaire : ils commencent par une longue exposition des lieux et de l’époque au milieu desquels, évoluent les personnages, qui deviennent familiers au lecteur, avec leurs traits physiques et psychologiques dominants. En même temps, l’action se met en place, et les enjeux de l’intrigue apparaissent.

Souvent, il s’agit de situations dramatiques engendrées par les traits de caractère des héros : l’ambition pour Rastignac ou Rubempré, l’amour paternel sans limites pour le père Goriot, par exemple. Enfin, le dénouement, toujours surprenant et tragique, permet de résoudre la crise en transformant les personnages.

Quelques œuvres marquantes

Il est difficile de choisir dans l’œuvre foisonnante de Balzac. Cependant, certains de ses ouvrages ont tellement marqué la littérature qu’il est difficile de ne pas en recommander la lecture à qui désire se consacrer à l’écriture.

  • « Illusions Perdues »

Honoré de Balzac, illusions perdues, livre pour enrichir vocabulaire

    Un roman phare dans l’œuvre balzacienne. Il raconte l’histoire d’un jeune homme de province partant à la conquête de la Capitale, plein d’illusions et d’idées préconçues. Lucien de Rubempré, poète pauvre et naïf, découvre vite que les codes et les clans parisiens ne sont pas simples à percer, et que le talent poétique n’est pas suffisant pour se faire une place dans le monde littéraire.

Beaucoup de critiques voient dans ce roman une autobiographie déguisée de Balzac, et une réécriture romancée de ses tentatives multiples pour s’intégrer aux milieux intellectuels parisiens. Cette histoire d’ambitions contrariées et de rêves de gloire déçus reste étonnamment contemporaine et actuelle, et prouve toute la finesse de ses observations psychologiques.

  • « Le Colonel Chabert » conte l’histoire d’un enfant trouvé, devenu officier d’Empire, laissé pour mort sur le champ de bataille d’Eylau, qui tente avec l’aide d’un avocat de récupérer son identité, son rang social et la femme qu’il a follement aimée. Confronté aux manipulations de son épouse, devenue comtesse à la Restauration, aux moqueries et aux soupçons de la société, Chabert retournera à l’ombre et à l’anonymat pour finir sa vie misérablement à l’hospice.
  • Œuvre un peu à part dans la « Comédie Humaine », ce roman pessimiste et désespéré est aussi un hommage à l’épopée napoléonienne, qui permit à des anonymes de se forger des destins grandioses et légendaires.
  • « Eugénie Grandet » présente un autre personnage mythique, en la personne d’une jeune femme de province, pure et naïve, dont le père est un avare cynique et un manipulateur. Balzac, dans ce roman très réaliste, égratigne la bourgeoisie provinciale tout en évoquant la perte des illusions d’une jeune femme innocente.

Honoré de Balzac, un auteur « classique », toujours d’actualité

Si les mœurs et la société décrites par Balzac n’existent plus, les observations qu’il fit sur la psychologie et la nature humaine restent justes et terriblement actuelles. Des sentiments tels que l’ambition, le désir de revanche sur la société, l’avarice ont toujours cours, et Balzac a su les décrire avec une rare pertinence qui rend ses personnages universels et intemporels.

D’ailleurs, pour désigner un ambitieux sans scrupule, prêt à tout pour parvenir à ses fins, ne parle-t-on pas d’un « Rastignac » ? C’est un bel hommage que la langue française rend à cet auteur en employant le nom de l’un de ses personnages pour désigner un type d’humanité !

Aussi, la connaissance de cet écrivain surdoué et prolifique est non seulement un moyen d’enrichir agréablement son vocabulaire, mais aussi un atout sérieux pour quiconque désire posséder une culture littéraire approfondie.

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