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Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes…


élémentaire mon cher Watson

Sir Arthur Conan Doyle, grand écrivain et prolifique

Si tout le monde connaît de réputation le plus célèbre détective du monde, bien peu dans le grand public sont capables d’évoquer son créateur, Arthur Conan Doyle. Un paisible médecin britannique, qui outre Sherlock Holmes, est le père littéraire d’une foule de héros marquants dans la littérature populaire.

En effet, il est aussi auteur de séries de romans historiques, de nouvelles fantastiques et de science-fiction, et le créateur d’un personnage le plus marquant : l’irascible professeur Challenger.

Un détective phénoménal

Sir Arthur Conan Doyle, père de Sherlock Holmes et écrivain prolifiqueIl semblerait qu’Arthur Conan Doyle ait inventé le personnage de Holmes en s’inspirant d’un de ses professeurs de son ancienne université, Joseph Bell, un personnage doté de facultés de raisonnement au-dessus de la moyenne. En tout cas, dès la parution de la première enquête du détective londonien dans un magazine, le succès fut au rendez-vous et Sherlock Holmes devient extrêmement populaire, jusqu’à nos jours.

On raconte même qu’il y a peu de temps encore, des personnes écrivaient au 221 Baker Street pour soumettre leurs problèmes policiers au « prince de la déduction ». C’est sans doute la principale force des histoires policières de Sir Arthur Conan Doyle. Son personnage principal est si marquant et charismatique, si particulier aussi dans ses excès et parfois ses défauts, qu’il donne une impression de réalité et de profondeur charnelle.

Le cinéma ne s’y est pas trompé et a su exploiter les multiples facettes du personnage, en le mettant en scène très souvent, dans des aventures plus ou moins réussies. Parmi ces tentatives sur grand écran, il faut noter l’excellent « La vie privée de Sherlock Holmes » : Billy Wilder et « La Solution à 7 % » de Herbert Ross, qui montrent un Holmes inhabituel, confronté à ses démons et à son accoutumance à la cocaïne.

Un certain nombre d’écrivains se sont aussi attachés à la continuation de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle. Parmi les Français, on notera les excellents pastiches de Maurice Leblanc, qui confronte le détective à sa propre créature, Arsène Lupin. René Réouven et Jean Dutourd se sont également risqués à produire d’excellents romans, exploitant le héros d’Arthur Conan Doyle. Tous ces pastiches et ces hommages démontrent la vitalité et la popularité de la créature de l’écrivain anglais.

Le cycle de Challenger

Parmi les cinq romans – ou longues nouvelles – qui constituent les aventures du professeur Challenger, le grand public connaît principalement :

  • « Le Monde perdu », qui fut très tôt exploité au cinéma et qui continue à inspirer les réalisateurs de films d’aventures préhistoriques. Cette histoire d’expédition explorant un haut plateau isolé d’Amérique du Sud, et découvrant une jungle où cohabitent des hommes primitifs et des dinosaures, pourrait passer pour un aimable divertissement destiné aux adolescents, si elle n’était écrite dans un style fluide et rapide, et tout imprégné de charme victorien. Mais surtout, ce qui fait tout l’intérêt de la série est la personnalité hors du commun de son protagoniste principal, le professeur Challenger.
  • Doté d’un physique herculéen, mais de petite taille, brun et barbu, affligé d’un caractère épouvantable, égocentrique et génial, Challenger est un personnage atypique qui se démarque de tous les héros de la littérature de l’époque. Arthur Conan Doyle a su créer un caractère en la personne de Challenger, un personnage aussi attachant qu’agaçant, mais qui ne laisse jamais indifférent.
  • Pour aider l’irascible professeur dans ses aventures, Arthur Conan Doyle a su inventer des amis fidèles et intrépides, qui l’accompagnent au cœur de l’Amazonie ou dans les mystères du « Pays des Brumes ». Malone est un jeune journaliste irlandais un peu naïf, Summerlee, le prototype du savant distingué, rationaliste et borné jusqu’à l’excès, tandis que lord Roxton, grand chasseur et aventurier, représente l’homme d’action par excellence.
  • Ces personnalités bien marquées et diverses vivent des péripéties pleines d’imagination au cours des cinq histoires du cycle Challenger : après avoir exploré le « Monde perdu » et semé le trouble au sein de la distinguée Académie des Sciences de Londres, les héros vont se trouver confrontés à la « ceinture empoisonnée ». Il s’agit d’un vaste champ spatial qui traverse notre atmosphère, provoquant la léthargie de tous les êtres vivants de la planète. Seul Challenger a vu venir le danger, et il s’enferme avec ses amis dans une pièce étanche afin d’observer la « mort provisoire » de la Terre.
  • Il est aussi question de notre planète dans « l’Homme qui fit hurler la Terre »
    Dans cette nouvelle, Challenger, toujours sûr de lui et affirmatif, soutient que la terre est un organisme vivant, capable de ressentir la douleur. Il devient la risée des milieux scientifiques, alors, exaspéré, il décide de percer la croûte terrestre afin de démontrer sa théorie… Et lorsqu’il parvient à ses fins, il fait réellement hurler la planète de douleur !
  • Moins léger est le récit suivant, « La Machine à désintégrer »
    En effet, Challenger et ses amis – qui se contentent d’être les témoins passifs de l’action — sont confrontés à l’inventeur d’un engin capable d’annihiler la matière. Challenger comprend vite que le créateur de cette dangereuse machine est un individu vil et sans morale, et il prend la décision de l’éliminer et de faire disparaître les plans d’une invention que l’humanité n’est pas prête à utiliser dans des buts pacifiques.
    Ce texte, même s’il n’est pas le meilleur du cycle, donne une dimension supplémentaire au professeur Challenger, qui semble considérer à l’instar de Rabelais, que : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
  • Enfin,  « Au pays des brumes » est une exploration des méandres du spiritisme. Tous les personnages ont vieilli, Summerlee est mort, ainsi que l’épouse adorée de Challenger. Celui-ci se tourne vers les médiums pour tenter de savoir si oui ou non, il existe une vie après la mort. Ce dernier texte est empreint de mélancolie et il y règne une atmosphère empreinte de poésie morbide. On peut y voir le reflet de l’engagement de sir Arthur Conan Doyle pour le spiritisme, et une sorte de manifeste en faveur de cette doctrine en vogue au début du siècle dernier.

Les nouvelles fantastiques

Arthur Conan Doyle a écrit, en plus de ses romans regroupés en cycles, plusieurs recueils de nouvelles qui touchent plus ou moins au genre fantastique ou de science-fiction. Cette production abondante comprend de nombreux récits de très grande qualité. De façon arbitraire, on peut retenir :

  •  « La Ville du gouffre », où un savant éminent et atypique, émule de Challenger, construit un bathyscaphe, et part à la découverte des vestiges de la mythique Atlantide engloutie. Il y rencontrera une créature démoniaque, peut-être le Diable en personne…
  • « L’Horreur du plein ciel » se situe au temps des débuts de l’aviation, et décrit sous la forme d’un journal de bord retrouvé dans un champ d’investigations d’un pilote d’aéronef. Le lecteur y découvre que le ciel est peuplé de créatures à la fois splendides et féroces, que les cieux sont comme une jungle où les explorateurs ne sont pas les bienvenus…
  • Le recueil « Contes de terreur » constitue un parfait échantillonnage du talent varié d’Arthur Conan Doyle. Certaines histoires sont plus anecdotiques que d’autres et certaines fins assez prévisibles. Mais toutes sont écrites dans un style aisé, d’une fluidité telle que les invraisemblances liées au genre abordé ne se ressentent pas. Beaucoup de ces récits reflètent, également, la complexité de la pensée de l’auteur et son ambivalence quant aux mystères du monde.

En effet, Sir Arthur Conan Doyle était un médecin rationnel et résolument moderne dans sa pensée, un homme scientifique et posé. Cependant, toute sa vie il a également voulu croire à un autre monde, à l’existence d’êtres surnaturels (voir à ce sujet l’affaire des fées de Cottingley), ce qui l’a conduit à prendre fait et cause pour la défense des doctrines spiritualistes, et à la fin de sa vie, à se convertir au spiritisme.

C’est peut-être cette ambiguïté qui fait de Sir Arthur Conan Doyle, un grand auteur, toujours agréable à lire de nos jours, davantage que la sécheresse scientifique des raisonnements de Sherlock Holmes…

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